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“Parfois, les lois de bioéthique ne limitent pas les dérives, elles sont des dérives. C’est le cas avec le projet de loi que nous étudions aujourd’hui. Ce titre I, qui explique ne pas vouloir « s’affranchir de nos principes éthiques » est à lui seul une belle imposture. 

Je voudrais vous en convaincre en abordant trois points, ou plutôt trois totems – outre la PMA pour toutes que j’ai déjà abordée – qui traduisent parfaitement le basculement de société dans lequel vous voulez nous plonger. 

Le premier est bien évidement l’introduction de la méthode ROPA qui consiste à ce que, au sein d’un couple de femmes, l’une donne ses gamètes pour que – à l’aide d’un tiers donneur – un embryon puisse être créé et implanté dans l’utérus de l’autre femme. Concrètement, la femme qui accueille l’embryon dans son corps est une mère porteuse puisqu’elle n’a aucun lien biologique avec l’enfant. Une mère porteuse, comme pour la GPA ! Certes, elle n’abandonne pas l’enfant, mais elle le porte bien à la place d’une autre… 

Et si la ROPA pour les femmes est légalisée, qui peut douter qu’au nom des droits à l’égalité et à la parentalité, les hommes n’auront pas, eux aussi, accès à la GPA. Et très bientôt ! C’est la logique de notre temps. C’est aussi celle qui permettra, demain, de commander un enfant quasiment comme on achète une voiture. Et c’est l’avenir que vous nous concoctez… 

Le deuxième totem, deuxième transgression : le coup fatal porté au droit de la filiation car complétement déconnecté du réel. D’autant plus grave que la filiation est le fondement même de notre société tout comme la famille en est la cellule de base. Nous avons d’ailleurs assisté en commission à un véritable braquage parlementaire ! En un seul amendement, les porteurs de cette loi se sont assis sur le travail du Sénat et ont fait tomber des dizaines d’amendements. Jolie démonstration du respect du parlement et de la démocratie….  

Ce nouvel article 4 va avoir de graves conséquences puisqu’il vise uniquement à faire croire à un enfant que deux femmes peuvent être – de façon équivalente – sa mère. Certes, vous êtes revenus sur la négation de l’accouchement – on se souvient que vous aviez supprimé le principe ancestral qui veut que la femme qui accouche soit reconnue comme la mère de fait. Mais le mécanisme de la reconnaissance conjointe que vous instaurez ne fonctionne pas puisqu’il n’induit pas les mêmes effets selon que la mère accouche ou non. Et c’est contraire au principe de l’intelligibilité de la loi qui s’oppose à ce qu’un même acte juridique, qui plus est conjoint, puisse emporter des conséquences différentes pour ses divers auteurs. Ces contradictions sont sans équivoque : on marche sur la tête ! On cache ! On trafique ! On ment ! Et c’est vous qui organisez ce mensonge, cette imposture… 

Et pour consolider ce mensonge, il sera incontestable ! À vie ! Eternel ! Les deux femmes – par leur seule volonté – pourront empêcher l’enfant d’établir un lien de filiation avec celui qui est son père. Mais où est l’intérêt de l’enfant ? Où est la protection de sa liberté ? De sa volonté ? Aux oubliettes !  

Le troisième totem, dont on parle peu, est la manipulation embryonnaire et ses dérives eugénistes. L’article 17 permet en effet la modification génétique des embryons humains. Avec des conséquences et des risques dont nous ne savons rien ou si peu. Concrètement, cela veut dire que des génomes d’embryons humains vont être déconstruits et reconstruits aux seules fins de recherche. Une transgression interdite par l’article L 2151-2 du code de la santé publique, au titre justement de la nature particulière de l’embryon humain. 

Et ce n’est pas tout. Vous avez également légalisé le DPI-A, un diagnostic préimplantatoire en vue d’identifier les maladies génétiques comme la trisomie 21 et d’autres maladies. Après avoir entendu en première lecture que les anomalies génétiques devaient être « traquées », nous voyons bien que la digue qui protège encore les personnes atteintes d’un handicap risque de céder. Dit plus crument : alors qu’à tout bout de champ, on nous parle de société inclusive, certains ici poussent à ce que les personnes handicapées ne puissent pas voir le jour… Effrayant paradoxe, avouez-le. 

Autre dérive : la création de chimères animal/homme. Car contrairement aux dénégations du ministre de la Santé, c’est bien ce qui est en place dans ce texte toujours au même article 17. Concrètement, des chercheurs vont pouvoir injecter dans un embryon animal des cellules humaines pour, nous dit-on, pallier le manque de dons d’organes. Autrement dit, demain, on va brouiller la frontière des espèces pour faire grandir un foie humain dans un rat ou dans un singe. Et ça ne vous choque pas ? Moi si ! 

Devant tant de dérives, devant ces mensonges organisés, planifiés, vous ne pouvez pas, mes chers collègues, peu importe sur quel banc vous siégez, renoncer, baisser les bras, abdiquer ! Vous devez vous opposer à ce texte. C’est votre responsabilité. Car vous êtes ici pour protéger les plus faibles.”